Paradoxa

Vision de la psychiatrie : Orange mécanique

octobre 10, 2009 · Un commentaire

Voici un extrait du film de S.Kubrick, Orange mécanique, que je trouve tout à fait intéressant. On y voit les psychiatres tenter d’inculquer un sens moral à leur sujet, enfant sadique dans un corps d’adulte. Kubrik nous décrit la normalisation forcée des inadaptés et le dressage surmoïque opéré par la société. La représentation d’une psychiatrie déshumanisée, calfeutrée derrière son jargon,  bien qu’elle relève du fantasme cinématographique, me semble donner à réfléchir au spectateur du XXIe siècle.

Il est à noter que la musique qui accompagne cet extrait est celle de Requiem for a dream, film particulièrment saisissant, qui traite de l’aliénation et de la dépendance. Je trouve qu’elle amplifie le pessimisme et le tragique de la scène.

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Controverse autour du test de Rorschach sur wikipedia

septembre 19, 2009 · 4 commentaires

Ecrire un article sur wikipedia n’est parfois pas de tout repos. Preuve en est le débat qui a secoué il y a quelque temps le monde des wikipediens anglophones autour de la publication des planches du Rorschach.

Rorschach

 

Une polémique assez rude (et qui dure depuis 2007) a eu lieu après que les planches du Rorschach et les réponses usuelles aient été publiées sur wikipedia. Certains utilisateurs ont alors craint que le test soit faussé par cet article. De plus, la question se posait de savoir si les photos étaient ou non sous copyright.

Je trouve que cette anecdote souligne l’influence grandissante de wikipedia.

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Pour le reste je ne résiste pas au plaisir de reproduire une partie des débats ayant eu lieu sur wikipedia cf. article de libération à ce sujet):

Faustian : Changé l’image
- 190.31.147.245 : Remis l’image précédente car elle était de meilleure qualité que celle de Faustian
- Faustian : Remis une version de l’image moins controversée
- 190.31.151.46 : Restauré l’image car elle ne viole AUCUN copyright
- Faustian : Remis l’image, la controverse ne se limite pas au copyright
- 190.31.151.46 : Restauré l’image puisqu’elle n’est controversée que pour une minorité très restreinte (les psychologues)
- Faustian : Remis l’autre image, la précédente n’est pas controversée que pour une “minorité restreinte”
- Faustian : Remis l’image
- 200.117.209.82 : Restauré la version précédente
- Faustian : Remis l’image
- 200.117.209.82 : Restauré la version précédente
- Faustian : Remis l’image
- 200.117.209.82 : Restauré la version précédente
- (…)

En juin 2007, ça empire : le problème n’est plus le choix de l’image affichée, mais sa suppression.

- Monnicat : Image supprimée : ceci est confidentiel et ne doit pas être publié sur un forum public
- Halo : revert – remis l’image
- Monnicat : Image supprimée
- Halo : revert – on ne censure PAS Wikipédia

Février 2008 : l’image est présente dans l’article, mais les contributeurs se disputent sur la nécessité de la cacher, ainsi que sa légende sur les interprétations les plus courantes, dans une “boîte déroulante”. C’est de plus en plus compliqué. Même les protagonistes s’embrouillent.

- Fredrick day : aucun consensus ne va dans le sens de masquer cette image, donc il est malvenu d’utiliser cet argument
- Faustian : revert – le consensus a été atteint il y a longtemps, mais la discussion n’est toujours pas terminée, prière d’attendre avant de faire des changements radicaux
- Fredrick day : tu es de facto en train de “délivrer un avis médical” avec cette légende et c’est contre notre politique dans les articles
- Fredrick day : en fait je crois que c’est faux, je vais me reverter moi-même et suivre le débat en page de discussion et attendre que la communauté prenne une décision

Février 2009, la tension monte.

- 99.149.85.47 : La publication de la carte 1 viole le code éthique de l’APA [American Psychological Association, ndlr] qui a valeur de loi en Californie
- Discospinster : Annulation des modifications de 99.149.85.47
- 99.149.85.47 : La dissémination publique de matériel médical professionnel revient à pratiquer la psychiatrie sans diplôme et est une violation de l’APA
- Discospinster : Annulation des modifications de 99.149.85.47
- 99.149.85.47 : La diffusion publique de cette image est une violation inexcusable du code éthique de l’APA qui est soutenu par de multiples lois d’État
- Discospinster : Annulation des modifications de 99.149.85.47
- 99.149.85.47 : Placer cette image sur Wikipédia traduit un mépris flagrant de l’éthique des professions de la Psychologie et devrait être considéré comme une divulgation de matériel médical et légal protégé
- Discospinster : Annulation des modifications de 99.149.85.47
- 99.149.85.47 : Spinster, te sentiras-tu mieux quand un enfant ou un ado sera mal diagnostiqué et mal médicamenté après avoir été exposé aux tests utilisés dans des examens cliniques ? Vois avec ta conscience.

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Le récit de la controverse apparaît aujourd’hui sur la page française de wikipedia à propos du Rorschach (ce qui est une sorte de consécration pour un débat interne) :

“Selon les praticiens, il est nécessaire que les patients n’aient jamais vu les planches du test avant d’y être soumis ; pour cette raison, les éditeurs du test et les praticiens ont longtemps tenté de garder ces planches confidentielles. Les planches étant dans le domaine public[12], elles ont néanmoins été diffusées publiquement. En particulier, la publication sur la version anglophone de l’encyclopédie Wikipédia en juin 2009 des dix planches originales, accompagnées de certains commentaires d’interprétation, a provoqué une controverse sur la validité future du test dans l’éventualité où un individu aurait pu s’y préparer en consultant la page wikipédia[13],[14].

 

Pour aller plus loin:

- Page wikipedia sur le test du Rorschach en français et en anglais.

- Page française de discussion autour de l’article sur le Rorschach.

- Site de la société du Rorschach.

- Très bonne série d’articles sur le fonctionnement de wikipedia.

Catégories : Net et psycho

Philip K.Dick : angoisse et dévoilement

septembre 13, 2009 · 6 commentaires

Le questionnement du vrai tient une place centrale dans les romans de Philip K.Dick et on retrouve dans nombre de ses oeuvres une même interrogation : peut-on se fier à ce qui nous apparaît? Toutefois, si le héros dickien est mû par une quête du sens, cette recherche heuristique n’est pas, en soi, propre à Dick. On la retrouve, par exemple, dans tout roman policier et dans de nombreux romans d’apprentissage. Nous chercherons donc à définir la spécificité de cette quête chez P.K.Dick.

dragons-tooth-nebula-2008

Dans les romans “classiques”, la recherche de la vérité se confond très souvent avec l’action dramatique elle-même. Le héros (par exemple le policier) cherche à découvrir la vérité (qui a tué la marquise?). Sa découverte clôt le roman. Il en est de même dans certains Bildungsromans : l’enfant qui découvre, au début du roman, que ses parents ne sont pas ses vrais parents va rechercher ces derniers à travers une série de péripéties. Dès lors, lorsque Princesse Sarah retrouve son père, le dessin animé est terminé car la vérité a triomphé du mensonge. On pourrait à loisir multiplier les exemples pour retrouver un même schéma. Une quête de vérité se déploie à travers tout le roman. Lorsqu’enfin le héros peut distinguer le vrai du faux, il restaure l’ordre du monde et le roman s’achève. Je croyais que A était vrai (tout accusait la femme de chambre) mais je dévoile finalement la vérité B cachée derrière les apparences ( c’était le majordome le véritable coupable). Je suis alors rassuré car le monde est un peu plus solide, un peu plus vrai. Chasser le faux m’a permis de découvrir le vrai et de rendre mon univers plus sûr. Cette recherche de la vérité peut porter soit sur un élément du réel (le meurtrier, le nom du père etc.), soit sur la réalité elle-même comme dans les oeuvres de science fiction. Ainsi, dans Matrix,  Néo découvre, par exemple, que le monde dans lequel il vit n’est pas le monde réel. En découvrant la vérité et en la communiquant au reste de l’humanité, il va rétablir l’ordre, et le film peut se terminer.

Ce shéma ne se retrouve nullement dans les romans de Dick. Chez lui, le dévoilement d’une vérité cachée derrière les apparences ne permet pas de découvrir les fondations véritables et solides du monde mais inaugure, au contraire, son effondrement progressif. A l’inverse de ce qui se produit dans Matrix, c’est au moment où le héros découvre que ce qu’il croit n’est pas la vérité que son univers s’effondre peu à peu sans qu’un autre puisse venir le remplacer. Le dévoilement de la vérité derrière les apparences loin de clore la quête du personnage ouvre le procès de la notion de vérité elle-même.

Le schéma heuristique classique :

“La vérité n’est pas A mais B. Fin de l’histoire.”

est remplacé  par un autre shéma qui peut être de deux types. Premièrement :

“la vérité n’est pas A mais B mais C mais D”..

Dans SIVA, par exemple, Horselover Fat, le héros du roman, est frappé par un faisceau de lumière rose qui semble transmettre des infromations au héros. Une multitude d’interprétations vont se succéder pour tenter de rendre compte de cet événement qui met en cause la réalité de notre monde : s’agit-il d’un rayon envoyé par des extraterrestres, d’un message codé de la CIA, d’une manifestation de Dieu, Horselover Fat est-il fou.. ? Les interprétations se succèdent les unes aux autres sans que jamais une interprétation dernière puisse permettre de rendre compte de l’événement de manière satisfaisante. Au contraire, tout se passe comme si le dévoilement d’une nouvelle théorie, qui se manifeste d’abord comme une révélation, comme l’aboutissement de la quête heuristique, venait au contraire faire vaciller un peu plus la notion de vérité elle-même.

. Certains romans sont construit sur un second schéma :

“la vérité n’est pas A mais B non en fait c’était vraiment A. Ou B. Ou A…”

Dans Le Dieu venu du Centaure, Léo Bulero, dirigeant d’une entreprise qui fournit le D-Liss, la drogue consommé par les colonies martiennes, est confronté à Palmer Eldritch. Ce dernier, de retour de Proxima du Centaure, ramène dans ses bagages une nouvelle substance bien plus efficace que le D-Liss. En consommant cette nouvelle drogue, Léo Bulero est propulsé dans un autre monde qu’il prend d’abord pour la réalité. Ce rendant compte qu’il s’agit d’une illusion, il cherche à en sortir pour rejoindre le monde réel. Toutefois, une fois de retour sur terre, il ne sait plus s’il est réellement sorti de l’emprise de la drogue et si le monde dans lequel il vit est la réalité ou une illusion. Les deux interprétations se succède l’une l’autre laissant le personnage dans un doute permanent quant à la réalité du monde dans lequel il vit.

 merging-galaxies-2009

  Le dévoilement de la vérité correspond au moment où le roman déraille. Le voile des apparences s’apparentait aux oeillères qui maintenaient le cheval romanesque dans le droit chemin. Une fois ce voile déchiré, la trame romanesque s’effondre et l’action perd peu à peu sa cohérence. Le roman dickien ne se clot pas, il se dissout, le vascillement du réel rendant peu à peu inaudible la voix narrative elle-même.

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La question humaine : De la psychologie et du liberalisme

août 31, 2009 · Laisser un commentaire

La Question humaine est un film français sorti en 2007. Bordélique, lent, même plus diffusé en France, il n’en demeure pas moins à mes yeux un des films les plus intéressants sur certains dérapages contemporains de la psychologie.

Simon, psychologue de 40 ans, travaille au département des ressources humaines d’une compagnie pétrochimique allemande,  la SC Farb. Chargé de la sélection du personnel, il devra également mettre en place un vaste plan de licenciement. A cette première intrigue se superpose une seconde, portant sur le passé obscure de la société. En effet,  Simon est également chargé d’enquêter sur son employeur. Un parrallèle se tisse alors peu à peu entre la rationnalisation à l’extrême du travail dans les entreprises contemporaines et la rationnalisation de la mort sous l’Allemagne nazie. Le film emprunte un questionnement qui fut celui de l’école de Francfort après la seconde guerre mondiale : le nazisme, alliant rationalisation et domination, perfectionnement technico-administratif et coercition, gain maximal en productivité dans la tâche même de l’élimination des autres, ne fut-il pas un produit de la civilisation industrielle et une matrice de cette même modernité industrielle ?

La question humaine est à coup sûr un film dérangeant, génant – et pour ne pas lui reprocher d’être choquant, on lui reprochera facilement d’être ennuyeux. Il porte pourtant en lui la force d’un questionnement et d’une critique qui ne manque pas d’interpeler le spectateur – et a fortiori ceux qui, de près ou de loin, s’interessent à la psychologie. On y retrouve, en effet, la description d’une psychologie inféodée aux désirs de l’entreprise et à ses exigence de rendement, repoussant toujours plus loin les frontières entre vie privée et vie professionnelle, le psychologue se faisant l’outil d’un système qu’il se refuse à voir et à penser.

Pour reprendre les propos de Chronicart, La Question humaine “ne ressemble à rien de ce que fait le cinéma français dans son régime général. Il n’est ni un film à messages, ni un pensum philosophique. C’est une immersion dans notre sombre époque de pouvoir et de sang, un film fantastique sur le retour imprévu des fantômes de l’Histoire, le portrait d’un homme déchu et qui ne s’y attendait pas. Un film sur la condition d’homme moderne, inconfortable et pathogène”.

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Requiem for a dream ou la pathologie de la norme

mars 6, 2009 · Un commentaire

Requiem for a dream est un grand film à de nombreux égards et s’offre à de multiples lectures. Un point en particulier a retenu mon attention : l’explicitation du lien entre une pathologie et la manière dont une société perçoit l’homme et le monde.

Requiem for a dream (appelons-le RfaD pour plus de simplicité) décrit un monde sans Dieu. Aucun personnage, par exemple, n’a peur d’aller en Enfer, ce n’est pas le propos du film, ce n’est d’ailleurs pas le propos de grand monde depuis longtemps. RfaD bâtit également l’image d’un monde déterministe. Les séquences de “shoot” montrent bien la chaine de causalité entre le produit, son injection et sa montée au cerveau: les pupilles du personnage se dilatent et ses yeux, loin d’être le “miroir de l’âme”, ne sont que les indicateurs des effets de la substance sur la machinerie du cerveau.

Dans le monde décrit par RfaD, la morale et la culpabilité existent, en témoigne la culpabilité du héros conscient d’entraîner son amie en enfer. Néanmoins, ce ne sont pas ces “valeurs” (disons plutôt ces manifestations du Surmoi) qui organisent la vie des personnages. Si on prend, par exemple, le personnage de la mère, ce qui donne sens à son existence, ce qui fonde ses angoisses, c’est la recherche d’une image (elle, dans sa robe rouge passant dans son émission fétiche). C’est ainsi cette image qui la réconforte et lui permet de s’endormir en chien de fusil lors de la dernière scène du film. C’est pour essayer d’atteindre cette même image qu’elle commence à se droguer. Or cette image, ce petit scénario fantasmatique est une expression de la norme (elle est une bonne mère que ses amies envient, son fils ne se drogue pas, il réussit ses études et son père serait fier de lui). Il n’est pas, d’abord, un fantasme personnel. Au contraire, il est l’expression de ce “on” que représente la télé, fenêtre sur un extérieur normatif. Ainsi, le problème de cette femme -mais également, me semble-t-il, de tous les personnages – est d’ordre normatif non d’ordre moral. Dans RfaD, la norme apparaît comme plus structurante et plus fondamentale que la loi.

Or, et c’est le point, qui m’intéresse, ce monde normatif est également un monde de toxicos. Les personnages y sont tous dépendants de quelque chose (qu’il s’agisse de la télévision ou de la cocaïne). La drogue y court-circuite la pensée et permet de créer, synthétiquement, cette image qui organise la vie des personnages. En ce sens elle est bien l’expression pathologique d’une société de la norme : pour accéder à l’image normée, les personnages ont recours au produit. En ce sens, ce film est celui d’un monde structuré autour de l’image et non du devoir moral. Dans ce monde nouveau, le malade n’est plus le névrosé qui se punit de ne pas respecter la morale, mais le toxico qui se défonce pour atteindre une image qu’il rêve d’être.

 

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La nuit sécuritaire, pétition contre l’utilisation de la psychiatrie comme outil sécuritaire

février 24, 2009 · Laisser un commentaire

Affiche mai 68

A la suite du discours de Nicolas Sarkozy sur la psychiatrie, jugée extrêmement choquant et qui assimile en pratique les malades mentaux et les délinquants dangereux, une pétition a été lancée pour s’opposer à l’utilisatoin de la psychiatrie comme “outil de gestion sécuritaire” . Le Samedi 7 février 2009, lors du meeting de “la nuit sécuritaire” à Montreuil, l’assemblée “des 1789″ présents a approuvé le manifeste. Il va sans dire que Paradoxa soutient cette initiative.

La pétition, ouverte à tous les citoyens,commence par ces mots:

“Le 2 décembre 2008, dans une enceinte psychiatrique hospitalière, se saisissant d’un crime pourtant très rare commis par un patient diagnostiqué comme schizophrène, le président Sarkozy a annoncé un plan pour la psychiatrie aux conséquences dévastatrices.

Dans ce discours, les fondements même de la psychiatrie ont été attaqués avec la plus grande brutalité, celle qui amadoue pour mieux exécuter.

Il aura suffi d’un fait divers dramatique pour relancer une politique de la peur dont le projet de centres de rétention de sûreté tout comme les soins sans consentement en ambulatoire sont le parachèvement.

En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables.

Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».

Un pas vient d’être franchi, l’heure est trop grave pour que la résignation l’emporte.”

Pour lire la pétition dans son intégralité.

A voir également : le site de la nuit sécuritaire et les interventions du 2 Février.

Catégories : Socialisme ou barbarie
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