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Paradoxa soutient l’appel à donation de wikipedia

janvier 2, 2010 · Laisser un commentaire

Wikipedia a besoin de vos sous et le fait savoir. L’encyclopédie appelle régulièrement à des donations pour pouvoir soutenir la pérénité de son fonctionnement. Je me permets de relayer l’appel de son fondateur Jimmy Wales car je crois en l’importance de la production d’un savoir libre sur le net. C’est le projet originel des encyclopédistes qui se poursuit en effet aujourd’hui à travers de nouveaux outils. Ne laissons pas l’utopie mourir faute d’argent..

“Aujourd’hui, je vous demande de faire un don pour soutenir Wikipédia.

Nous avons lancé Wikipédia en 2001, et au cours des huit dernières années, j’ai vu avec émerveillement et humilité des centaines de milliers de bénévoles se joindre à moi pour construire la plus grande encyclopédie de l’histoire de l’humanité.

Wikipédia n’est pas un site Web commercial. C’est une œuvre communautaire, entièrement écrite et financée par des personnes telles que vous. Plus de 340 millions de personnes utilisent Wikipédia tous les mois, soit presque un tiers des personnes ayant accès à Internet. Vous faites partie de notre communauté.

Je crois en nous. Je crois que Wikipédia ne cesse de s’améliorer. C’est son principe même : une personne écrit quelque chose, une autre le perfectionne et ainsi Wikipédia ne cesse de s’améliorer, avec le temps. Si vous la trouvez utile aujourd’hui, imaginez tout ce que nous pouvons accomplir ensemble dans les cinq, dix ou vingt années à venir.

Wikipédia est la preuve du pouvoir qu’a tout un chacun de rendre possible l’extraordinaire. Ce sont des gens comme nous qui écrivent Wikipédia, petit à petit. Ce sont des gens comme nous qui la soutiennent financièrement. C’est la preuve que tous ensemble, nous pouvons changer le monde.

Nous devons protéger l’espace où se réalise cette œuvre importante. Nous devons protéger Wikipédia. Nous voulons qu’elle reste libre d’accès et libre de toute publicité. Nous voulons qu’elle reste libre : vous pouvez utiliser l’information de Wikipédia de la manière que vous souhaitez. Nous voulons qu’elle continue à grandir, diffusant la connaissance partout et invitant chacun à participer.

La Wikimedia Foundation est une organisation à but non lucratif que j’ai fondée en 2003 pour héberger, développer, entretenir et protéger Wikipédia. Avec dix millions de dollars américains par an et un effectif de moins de 35 personnes, elle héberge le cinquième site Web le plus lu dans le monde entier. Je vous demande votre aide pour que nous puissions continuer notre travail.

Imaginez un monde dans lequel chaque personne pourrait partager librement l’ensemble des connaissances humaines. C’est ce vers quoi nous nous dirigeons. Et avec votre aide, nous y arriverons.

Merci d’utiliser Wikipédia. Vous faites partie de l’aventure : s’il vous plaît, faites un don.

Jimmy Wales

Co-fondateur de Wikipédia”

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Vision poétique de la synesthésie

janvier 1, 2010 · Laisser un commentaire

Voici une vidéo donnant un aperçu assez personnel de ce que peut être la synesthésie, dans laquelle différents sens sont confondus. 

Pour en savoir plus sur la synesthésie : 

L’article de wikipédia à ce sujet.  

Un site sur la synesthésie  

 

 

more about “Vision poétiue de la synesthésie“, posted with vodpod

 

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Les « faux souvenirs induits », une occasion de (re)lire Freud ?

décembre 6, 2009 · 8 commentaires

A la suite de notre appel à contribution, Arthur Mary, rédacteur du blog de psychologie et psychanalyse Sujet, Objet (abjet), nous a envoyé cet article concernant les faux souvenirs. Nous espérons que sa réflexion, forte et actuelle, suscitera les commentaires.

(Lire la suite…)

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Philip K.Dick : angoisse et dévoilement

septembre 13, 2009 · 6 commentaires

Le questionnement du vrai tient une place centrale dans les romans de Philip K.Dick et on retrouve dans nombre de ses oeuvres une même interrogation : peut-on se fier à ce qui nous apparaît? Toutefois, si le héros dickien est mû par une quête du sens, cette recherche heuristique n’est pas, en soi, propre à Dick. On la retrouve, par exemple, dans tout roman policier et dans de nombreux romans d’apprentissage. Nous chercherons donc à définir la spécificité de cette quête chez P.K.Dick.

dragons-tooth-nebula-2008

Dans les romans “classiques”, la recherche de la vérité se confond très souvent avec l’action dramatique elle-même. Le héros (par exemple le policier) cherche à découvrir la vérité (qui a tué la marquise?). Sa découverte clôt le roman. Il en est de même dans certains Bildungsromans : l’enfant qui découvre, au début du roman, que ses parents ne sont pas ses vrais parents va rechercher ces derniers à travers une série de péripéties. Dès lors, lorsque Princesse Sarah retrouve son père, le dessin animé est terminé car la vérité a triomphé du mensonge. On pourrait à loisir multiplier les exemples pour retrouver un même schéma. Une quête de vérité se déploie à travers tout le roman. Lorsqu’enfin le héros peut distinguer le vrai du faux, il restaure l’ordre du monde et le roman s’achève. Je croyais que A était vrai (tout accusait la femme de chambre) mais je dévoile finalement la vérité B cachée derrière les apparences ( c’était le majordome le véritable coupable). Je suis alors rassuré car le monde est un peu plus solide, un peu plus vrai. Chasser le faux m’a permis de découvrir le vrai et de rendre mon univers plus sûr. Cette recherche de la vérité peut porter soit sur un élément du réel (le meurtrier, le nom du père etc.), soit sur la réalité elle-même comme dans les oeuvres de science fiction. Ainsi, dans Matrix,  Néo découvre, par exemple, que le monde dans lequel il vit n’est pas le monde réel. En découvrant la vérité et en la communiquant au reste de l’humanité, il va rétablir l’ordre, et le film peut se terminer.

Ce shéma ne se retrouve nullement dans les romans de Dick. Chez lui, le dévoilement d’une vérité cachée derrière les apparences ne permet pas de découvrir les fondations véritables et solides du monde mais inaugure, au contraire, son effondrement progressif. A l’inverse de ce qui se produit dans Matrix, c’est au moment où le héros découvre que ce qu’il croit n’est pas la vérité que son univers s’effondre peu à peu sans qu’un autre puisse venir le remplacer. Le dévoilement de la vérité derrière les apparences loin de clore la quête du personnage ouvre le procès de la notion de vérité elle-même.

Le schéma heuristique classique :

“La vérité n’est pas A mais B. Fin de l’histoire.”

est remplacé  par un autre shéma qui peut être de deux types. Premièrement :

“la vérité n’est pas A mais B mais C mais D”..

Dans SIVA, par exemple, Horselover Fat, le héros du roman, est frappé par un faisceau de lumière rose qui semble transmettre des infromations au héros. Une multitude d’interprétations vont se succéder pour tenter de rendre compte de cet événement qui met en cause la réalité de notre monde : s’agit-il d’un rayon envoyé par des extraterrestres, d’un message codé de la CIA, d’une manifestation de Dieu, Horselover Fat est-il fou.. ? Les interprétations se succèdent les unes aux autres sans que jamais une interprétation dernière puisse permettre de rendre compte de l’événement de manière satisfaisante. Au contraire, tout se passe comme si le dévoilement d’une nouvelle théorie, qui se manifeste d’abord comme une révélation, comme l’aboutissement de la quête heuristique, venait au contraire faire vaciller un peu plus la notion de vérité elle-même.

. Certains romans sont construit sur un second schéma :

“la vérité n’est pas A mais B non en fait c’était vraiment A. Ou B. Ou A…”

Dans Le Dieu venu du Centaure, Léo Bulero, dirigeant d’une entreprise qui fournit le D-Liss, la drogue consommé par les colonies martiennes, est confronté à Palmer Eldritch. Ce dernier, de retour de Proxima du Centaure, ramène dans ses bagages une nouvelle substance bien plus efficace que le D-Liss. En consommant cette nouvelle drogue, Léo Bulero est propulsé dans un autre monde qu’il prend d’abord pour la réalité. Ce rendant compte qu’il s’agit d’une illusion, il cherche à en sortir pour rejoindre le monde réel. Toutefois, une fois de retour sur terre, il ne sait plus s’il est réellement sorti de l’emprise de la drogue et si le monde dans lequel il vit est la réalité ou une illusion. Les deux interprétations se succède l’une l’autre laissant le personnage dans un doute permanent quant à la réalité du monde dans lequel il vit.

 merging-galaxies-2009

  Le dévoilement de la vérité correspond au moment où le roman déraille. Le voile des apparences s’apparentait aux oeillères qui maintenaient le cheval romanesque dans le droit chemin. Une fois ce voile déchiré, la trame romanesque s’effondre et l’action perd peu à peu sa cohérence. Le roman dickien ne se clot pas, il se dissout, le vascillement du réel rendant peu à peu inaudible la voix narrative elle-même.

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La question humaine : De la psychologie et du liberalisme

août 31, 2009 · Laisser un commentaire

La Question humaine est un film français sorti en 2007. Bordélique, lent, même plus diffusé en France, il n’en demeure pas moins à mes yeux un des films les plus intéressants sur certains dérapages contemporains de la psychologie.

Simon, psychologue de 40 ans, travaille au département des ressources humaines d’une compagnie pétrochimique allemande,  la SC Farb. Chargé de la sélection du personnel, il devra également mettre en place un vaste plan de licenciement. A cette première intrigue se superpose une seconde, portant sur le passé obscure de la société. En effet,  Simon est également chargé d’enquêter sur son employeur. Un parrallèle se tisse alors peu à peu entre la rationnalisation à l’extrême du travail dans les entreprises contemporaines et la rationnalisation de la mort sous l’Allemagne nazie. Le film emprunte un questionnement qui fut celui de l’école de Francfort après la seconde guerre mondiale : le nazisme, alliant rationalisation et domination, perfectionnement technico-administratif et coercition, gain maximal en productivité dans la tâche même de l’élimination des autres, ne fut-il pas un produit de la civilisation industrielle et une matrice de cette même modernité industrielle ?

La question humaine est à coup sûr un film dérangeant, génant – et pour ne pas lui reprocher d’être choquant, on lui reprochera facilement d’être ennuyeux. Il porte pourtant en lui la force d’un questionnement et d’une critique qui ne manque pas d’interpeler le spectateur – et a fortiori ceux qui, de près ou de loin, s’interessent à la psychologie. On y retrouve, en effet, la description d’une psychologie inféodée aux désirs de l’entreprise et à ses exigence de rendement, repoussant toujours plus loin les frontières entre vie privée et vie professionnelle, le psychologue se faisant l’outil d’un système qu’il se refuse à voir et à penser.

Pour reprendre les propos de Chronicart, La Question humaine “ne ressemble à rien de ce que fait le cinéma français dans son régime général. Il n’est ni un film à messages, ni un pensum philosophique. C’est une immersion dans notre sombre époque de pouvoir et de sang, un film fantastique sur le retour imprévu des fantômes de l’Histoire, le portrait d’un homme déchu et qui ne s’y attendait pas. Un film sur la condition d’homme moderne, inconfortable et pathogène”.

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Tricher n’est pas tromper

mai 20, 2009 · Laisser un commentaire

Dès que notre intérêt se porte sur la question du travail, nous ne pouvons nous empêcher de constater que les situations de travail ordinaires sont constamment marquées par des imprévus, des accidents, des pannes, etc… qui obligent les individus à faire preuve d’intelligence et de capacités d’adaptation non négligeables. Ce décalage entre les prévisions de l’organisation du travail et la réalité concrète des situations de travail a été décrit maintes fois – très particulièrement dans les travaux de l’ergonomie de langue française – et est aujourd’hui connu sous le nom de “réel du travail”. En outre, lorsque nous observons les moyens déployés par les individus pour faire face à ce réel, nous sommes obligés de constater l’existence de nombreux trucages, tricheries, bidouillages et autres ficelles de métier. Ainsi, pour mener à bout leur tâche, les agents sont parfois obligés de commettre des infractions, voire de transgresser. Ces trouvailles s’avèrent être la plupart du temps autant de contributions à un travail de qualité, conçu d’après les règles de l’art.

Néanmoins, on peut aujourd’hui trouver dans certains domaines des pratiques qui (sur un registre purement instrumental) participent à l’accomplissement de la tâche de façon efficace, mais qui restent discutables sur un plan éthique (on peut citer, par exemple, l’utilisation du mensonge commercial dans la vente). Ainsi, comme les bidouillages ou les tricheries, ces pratiques fonctionnent comme des outils de travail efficaces, mais restent désormais contestables sur un plan éthique et moral. Nous arrivons ainsi à la question que je souhaite poser dans cet exposé : quels critères nous permettent de distinguer ce qui relève du domaine de la tricherie de ce qui relève du domaine de la tromperie? Puisque la distinction entre tricherie et tromperie semble être d’une importance cruciale, nous allons puiser dans les outils théoriques de la psychodynamique du travail des éléments de réponse à cette question.

Le terme de “tricherie” a un sens particulier en psychodynamique du travail, il désigne certains écarts ou transgressions par rapport à la prescription dont le but recherché est de mener le travail à terme en tenant compte des contradictions de l’organisation du travail (Molinier, 2006).  Les tricheries sont ordinaires dans le travail mais les solutions mises en oeuvre ne sont pas toujours satisfaisantes pour le sujet lui-même, notamment lorsque la tricherie va à l’encontre du sens du travail et des valeurs qui y sont associées. Dans ce dernier cas nous parlerons dorénavant de tromperie. Ainsi, la tromperie est en contradiction avec les règles et les valeurs associées au travail, soit sur un plan technique, soit sur un plan moral et éthique. Ces règles et valeurs – définies par un collectif de travail – constituent un ensemble de règles de métier. Ces dernières ne sont pas prescrites, elles sont le produit d’une activité déontique et relèvent d’un accord entre les individus sur ce qui est juste, valide, correct ou légitime. Ainsi, elles comportent une dimension éthique : elles fixent ce qu’il est juste de faire ou ce qu’il n’est pas juste de faire. C’est par rapport à cette dimension éthique (“la visée de la vie bonne”) que les pratiques de travail vont être évaluées et que nous pourrons distinguer la tricherie – qui respecte les règles éthiques – de la tromperie, qui va à leur encontre. C’est le jugement porté par les pairs (jugement d’utilité et jugement de beauté), par le collectif de travail, qui décide quels sont les bons moyens, les moyens justes, pour mener à terme le travail.

La distinction mise en évidence entre la tricherie (telle quelle est conçue par la psychodynamique du travail) et la tromperie (telle que nous l’avons définie ici, en tant que tricherie qui va à l’encontre des règles éthiques de métier), nous amène à nous interroger sur ce dernier terme et à la possibilité de le développer en tant que concept dans le corpus théorique de la psychodynamique du travail. Dans ce cas, la notion de tromperie serait à rapprocher de celles de sale boulot et de souffrance éthique, introduites par Christophe Dejours (Dejours, 1998). Mais en abordant le problème de la distinction entre tricherie et tromperie, je souhaitais inscrire cet exposé dans un autre débat qui porte sur la question du jugement sur le travail et de sa validité (qui est-ce qui juge mon travail? d’après quels critères?). Ce point nous amène par ailleurs à nous interroger sur la question de la banalisation du mal, qui touche cette fois-ci à des enjeux politiques et philosophiques majeurs. En effet, ce qu’il importerait de comprendre dans un deuxième temps c’est dans quelle mesure est-il possible que des pratiques relevant de l’exercice du mal (la tromperie), moralement condamnables, puissent devenir des règles de métier admises et employées larga manu par des collectifs de travail composés de gens ordinaires? Comment se fait-il qu’aujourd’hui le mensonge, la duperie et la fausseté prédominent à certains endroits comme des pratiques acceptées et parfois encouragées? La question est alors de savoir quelle place accorder à la dimension éthique présente dans le travail et de quelle façon les individus remanient leur sens moral dans le rapport subjectif au travail.

Duarte Rolo.

Bibliographie:

- Dejours C., 1998, Souffrance en France, Paris, Éditions du Seuil.

- Molinier P., 2006, Les enjeux psychiques du travail, Paris, Éditions Payot & Rivages.

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