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Le behaviorisme : réflexions et perspectives

décembre 31, 2008 · 3 commentaires

Conclusions

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Aujourd’hui, le behaviorisme appartient à l’Histoire. Son influence a décru à partir des années soixante-dix à la suite, notamment, des critiques de Noam Chomsky. Il est peu à peu remplacé par le cognitivisme, à partir des années 80 aux Etats-unis et des années 90 en France. De nos jours, on ne rencontre plus guère de défenseurs du comportementalisme radical tel qu’il était prôné par Skinner ou Watson. Le débat entre psychanalyse et comportementalisme appartient aujourd’hui éteint, l’opposition se situant à présent entre les psychanalystes et les tenants de l’approche neuro-cognitive.

Pour ma part, en relisant ces théories, je ne peux m’empêcher de me poser deux questions : – Tout d’abord, tout cela est-il bien moral? Ensuite, tout cela est-il bien vrai? En effet, des expériences comme celles de Watson apparaissent, avec cinquante ans de recul, assez choquantes. Et la volonté de ne s’en tenir qu’aux manifestations extérieures semble bien réductrice.

Toutefois, si le comportementalisme ne manque pas des susciter des questions, il convient de les laisser ouvertes avant de se précipiter sur les réponses. Je suis toujours géné par les positions d’ostracisme prônée par certains défenseurs de la psychanalyse, sans doute un peu trop zélé. Il me semble que refuser de débattre avec d’autres courants de pensée, quelque soit l’écart qui puisse nous séparer, est une position intenable et terriblement apauvrissante.

D’une manière générale et particulièrement en psychologie, j’ai toujours eu un faible pour les positions minoritaires. Elles permettent de ne pas s’enfermer dans cette position confort où l’on se cantonne à l’entre-soi.

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Critiques du comportementalisme

décembre 31, 2008 · Laisser un commentaire

Les critiques adressées au behaviorisme sont multiples et issues de différents courants de la psychologie et des sciences humaines. En faire l’inventaire serait une véritable gageure. En effet, aux critiques des psychanalystes adressées aux comportementalistes, il faut ajouter celles formulées par les humanistes, les phénoménologues, les cognitivistes ou encore celles de Noam Chomsky (qui fut d’ailleurs pour beaucoup dans le dépassement du comportementalisme par le cognitivisme). On se contentera donc de mentionner les critiques formulées par les psychanalystes et les cognitivistes.

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  • Les critiques issues de la psychanalyse

Les psychanalystes ont reproché aux comportementalistes – et notamment aux thérapies comportementales – d’avoir oublié l’inconscient. Réduisant la réalité humaine à ce qui apparaît à un observatuer extérieur, ils ne rendraient pas compte des véritables causes de nos choix. Pour les psychanalystes, le comportementalisme ne voit que la partie émergée de l’iceberg que constitue “l’âme” humaine. Ferenzy déclaraît ainsi en 1927 (lettre du 9 Janvier) : “Sans le moindre sens de l’historicité, […] Watson croit à l’aide d’expériences simplistes, pratiquées sur des animaux, des nouveau-nés et des enfants, avoir résolu, sur le plan théorique, tout le problème du psychisme […] la seule chose scientifique c’est l’observation du comportement […] il réduit les processus psychiques les plus complexes à la plus extrême simplicité, sous forme de réflexes conditionnés […] la métapsychologie de Freud est [pour Watson] un expédient en attendant que ces messieurs les psychologues et béhavioristes terminent leur travail […] J’ai dit que j’enverrais peut-être en traitement chez Watson des souris blanches et des lapins, mais pas des êtres humains vivants. “

Les psychanalystes (mais avec eux également d’autres courants de pensée) ont accusé les comportementalistes de véhiculer un modèle policier et inhumain des sociétés humaines. Les textes utopistes de Skinner ont ainsi été vivement critiqués. Ils décriraient une humanité sécuritaire, entièrement asservie à un idéal scientiste. Le roman d’anticipation d’Aldous Huxley, Brave New World, dénonce ainsi les conséquences que pourraient avoir une application à l’échelle de la société des concepts développés par Watson.  

Une série d’article du site “Le point de capiton” reviennent plus en détail sur les critiques que les psychanalystes adressent au comportementalistes. A voir également, l’article d’Olivier d’Ouville disponible sur Cairn. L’auteur revient sur les livres de Watson (Le Behaviorisme) et de Skinner (Walden 2). Il critique la dimension policière du projet comportementaliste. Cette dimension est notamment perceptible, selon lui, dans la vision qu’ont les deux auteurs d’une société utopique organisée scientifiquement.

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  • Le dépassement cognitiviste

Les cognitivistes n’ont pas adressé les mêmes critiques au comportementalisme que les psychanalystes. Ils ont plutôt cherché à s’inscrire dans l’héritage comportementaliste en le dépassant. Ils sont notamment revenus sur le postulat de la “boîte noire” jugé trop restrictif. En effet, pour les comportementalistes, il convient de s’en tenir aux comportements observables sans chercher à rendre compte du fonctionnement psychique des individus. Or, pour les cognitivistes, ce postulat ne permet pas de rendre compte des phénomènes d’une manière satisfaisante. Pour eux, on ne peut comprendre le passage du stimulus à la réponse sans formuler des hypothèses sur ce qui se passe dans la “boîte noire”.

Pour un relevé plus exhaustif des critiques formulées à l’égard du comportementalisme, voir l’article suivant. Il s’agit d’un cours et les idées sont mentionnées mais pas toujours développées.

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thérapie comportementale rationnelle émotive (rebt)

décembre 26, 2008 · Laisser un commentaire

  • Présentation de la thérapie rationnelle

La thérapie rationnelle émotive (en anglais REBT pour Rational emotiv behavior therapy) est une thérapie comportementale inventée par Albert Ellis au milieu des années cinquantes.

La thérapie rationnelle a pour but d’aider les patients (on parle plutôt de clients) à modifier leurs comportements et leurs émotions qui sont vécus comme n’étant pas satisfaisants. Pour ce faire, le thérapeute cherche à rendre le client conscient des croyances et des attitudes qui sont à la source de ces comportements. Celui-ci peut alors les modifier et agir ainsi indirectement sur les comportements ou les émotions qui le font souffrir. Le processus thérapeutique se base donc sur un apprentissage qui a pour but de permettre au client de s’aider lui-même.

  • Le modèle ABC   

Le modèle ABC représente un des fondements de la thérapie rationnelle. Pour A.Ellis le but de tous les hommes est de vivre heureux. Mais les aléas de la vie rendent ce but bien souvent difficile à atteindre. Or, la façon dont nous réagissons lorsque nous ne parvenons pas à atteindre ce but dépend de nos croyances. A.Ellis a développé ce qu’il a appelé le modèle ABC pour rendre compte de ce phénomène.

    A. Quelque chose se produit.
    B. Vous avez une croyance à propos de la situation.
    C. Cette croyance est la cause d’une réaction émotionnelle particulière.

 

Prenons un exemple pour que cela soit plus clair:
    A. Votre patron vous accuse de lui avoir volé son portefeuille.
    B. Vous pensez :”Il n’a pas le droit de m’accuser, c’est vraiment un @#*!”
   C. Vous vous sentez en colère.

 

Si vous aviez eu un système de croyance différent, votre “réponse émotionnelle” aurait été différente:
    A. Votre patron vous accuse de lui avoir volé son portefeuille.
    B. Vous pensez: “Je ne dois pas perdre mon travail. J’ai un crédit sur le dos”
    C. Vous vous sentez anxieux.

 

Certes, dans mon exemple vous ne vous sentez pas plus heureux dans le deuxième cas, mais l’idée est de montrer que vos émotions dépendent de vos croyances et de votre manière d’interpréter les faits. Ainsi, ce n’est pas A (le fait que votre patron vous accuse) mais B (vos croyances et pensées) qui entraine la réponse émotionnelle C (être en colère ou anxieux).

Le document qui suit montre comment la thérapie d’A.Ellis peut être mise en pratique. Miranda Howard joue le rôle de la thérapeute et Jeffrey Guterman joue le rôle du client (il s’agit bien sûr d’une scène et non d’un véritable entretien). L’entretien illustre la pratique de la méthode ABC. Le client se sent déprimé (A) à l’idée qu’il mourra un jour (C). Sa croyance irrationnelle (B) est “je ne mourrai jamais”. Le thérapeute aide le client à prendre conscience que c’est la croyance irrationnelle B qui est la cause de A et qu’il faut la modifier.

 

Il existe peu de site en français sur la thérapie rebt, il faut donc se rabattre sur les sites anglophones. Citons notamment:

- L’article de wikipedia sur la thérapie REBT
- l’institut Albert Ellis
- Une présentation assez détaillée de la thérapie rationnelle-émotive

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L’étude des phobies: le cas du petit Albert.

décembre 23, 2008 · 3 commentaires

Le cas du petit Albert, réalisé en 1920 et présenté dans la vidéo ci-dessous, représente un des travaux les plus célèbres de Watson (mais également un des plus critiqué, vous comprendrez vite pourquoi). Le but de cette expérience était d’appliquer les récentes découvertes sur le conditionnement classique à l’étude de la peur chez un enfant de 11mois.

 

1. Dans un premier temps, Watson présente à l’enfant une souris et constate que l’enfant n’en a pas peur. La souris constitue alors un stimulus neutre (SN).

SN (souris)–> RN (pas de pleurs)

2. Ensuite, le chercheur associe le stimulus neutre (la souris) à un bruit violent : le stimulus inconditionnel (SI) qui suscite une réaction de peur (Réponse Inconditionnelle) chez l’enfant.

SN (souris) + SI (bruit) –> RI (l’enfant pleure)

3. Watson répète cette opération plusieurs fois, jusqu’à ce que le stimulus neutre (appelé à présent stimulus conditionnel) entraine une réponse conditionnelle. En d’autres termes, l’enfant, qui a associé la souris et le bruit qui lui fait peur, pleure dès qu’il voit une souris. Cette peur va peu à peu se généraliser à l’ensemble des animaux.

SC (souris) –> RC (l’enfant pleure)

 

Watson voit dans cette expérience un moyen d’expliquer la naissance des phobies. En effet, à partir d’une expérience traumatique associant un stimulus neutre à un stimulus angoissant, le sujet va associer ce stimulus à la peur et développer une phobie. Par la suite, la phobie va se généraliser à l’ensemble des stimuli qui ressemblent au stimulus d’origine (il aura peur des souris puis de tous les animaux).

A cette première partie de l’expérience, Watson voulait en faire succéder une seconde qui avait pour but de désensibiliser l’enfant de sa peur des animaux. Le problème est que la mère de l’enfant, constatant que son fils était devenu complètement phobique des animaux, décida d’arrêter cette expérience à l’éthique pour le moins questionnable, surtout pour le spectateur moderne.

 

 

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Description parodique des expériences de Watson.

décembre 22, 2008 · Laisser un commentaire

 Voici une vidéo réalisée par Makushime (de son vrai nom Maxime Alexandre), un étudiant canadien. Elle expose de manière parodique, le schéma d’apprentissage de type “stimulus-réponse” découvert par Watson. C’est drôle et en plus cela reste fidèle fidèle à la théorie de base (bon c’est sûr l’expérience est un peu plus dangereuse que celles menées par Watson..).

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Motivation et apprentissage. Expériences de 1948

décembre 18, 2008 · Laisser un commentaire

Après la découverte du conditionnement opérant  comme modèle de l’apprentissage, des expériences ont été menées pour tenter de mettre en lumière le rôle de la motivation sur l’apprentissage.

Le document suivant date de 1948 et a été réalisé à l’université de Yale (Institute of Human Relations). Il est en anglais non-sous-titré (comme  de nombreux documents de ce genre malheureusement). L’expérimentateur décrit une série d’expériences menées à partir de la “boite de Skinner”.

1. Dans la première expérience, on distingue deux rats : l’un a mangé et l’autre a faim. Le rat affamé sera plus actif dans la boite et découvrira plus vite comment accéder à la nourriture. Dans l’autre cage, le rat qui a déjà mangé ne fait rien.

2. On passe alors  à la deuxième partie de l’expérience. On envoie des décharges électriques sur le rat, qui se met à faire des bonds partout et découvre qu’en appuyant sur le levier il arrête les chocs électrique (il y aurait beaucoup à dire sur le sadisme des expérimentateurs mais cela nous ferait dévier de notre sujet). Cette fois, le rat apprend beaucoup plus vite car il est motivé.

3. Nouvelle expérience: on apprend au petit rat à tourner une roue pour arrêter les chocs électriques (elle est assez semblable à la 2).

4. Même décor, mêmes acteurs: à présent, le rat doit mordre  un petit tuyau pour arrêter l’électricité. L’idée est de montrer que l’on peut apprendre une grande quantité de choses au rat dès qu’on parvient à le motiver.

5. Dernier cas, cette fois l’expérimentateur va induire une réponse sociale. Il apprend aux rats, enfermés dans la même cage, a se battre pour  faire cesser les chocs électriques. 

 

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