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L’étude des phobies: le cas du petit Albert.

Le cas du petit Albert, réalisé en 1920 et présenté dans la vidéo ci-dessous, représente un des travaux les plus célèbres de Watson (mais également un des plus critiqué, vous comprendrez vite pourquoi). Le but de cette expérience était d’appliquer les récentes découvertes sur le conditionnement classique à l’étude de la peur chez un enfant de 11mois.

 

1. Dans un premier temps, Watson présente à l’enfant une souris et constate que l’enfant n’en a pas peur. La souris constitue alors un stimulus neutre (SN).

SN (souris)–> RN (pas de pleurs)

2. Ensuite, le chercheur associe le stimulus neutre (la souris) à un bruit violent : le stimulus inconditionnel (SI) qui suscite une réaction de peur (Réponse Inconditionnelle) chez l’enfant.

SN (souris) + SI (bruit) –> RI (l’enfant pleure)

3. Watson répète cette opération plusieurs fois, jusqu’à ce que le stimulus neutre (appelé à présent stimulus conditionnel) entraine une réponse conditionnelle. En d’autres termes, l’enfant, qui a associé la souris et le bruit qui lui fait peur, pleure dès qu’il voit une souris. Cette peur va peu à peu se généraliser à l’ensemble des animaux.

SC (souris) –> RC (l’enfant pleure)

 

Watson voit dans cette expérience un moyen d’expliquer la naissance des phobies. En effet, à partir d’une expérience traumatique associant un stimulus neutre à un stimulus angoissant, le sujet va associer ce stimulus à la peur et développer une phobie. Par la suite, la phobie va se généraliser à l’ensemble des stimuli qui ressemblent au stimulus d’origine (il aura peur des souris puis de tous les animaux).

A cette première partie de l’expérience, Watson voulait en faire succéder une seconde qui avait pour but de désensibiliser l’enfant de sa peur des animaux. Le problème est que la mère de l’enfant, constatant que son fils était devenu complètement phobique des animaux, décida d’arrêter cette expérience à l’éthique pour le moins questionnable, surtout pour le spectateur moderne.

 

 

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"La boite de Skinner" : expériences sur la motivation et les apprentissages.

Après la découverte du conditionnement opérant  comme modèle de l’apprentissage, des expériences ont été menées pour tenter de mettre en lumière le rôle de la motivation sur l’apprentissage.

Le document suivant date de 1948 et a été réalisé à l’université de Yale (Institute of Human Relations). Il est en anglais non-sous-titré (comme  de nombreux documents de ce genre malheureusement). L’expérimentateur décrit une série d’expériences menées à partir de la "boite de Skinner".

1. Dans la première expérience, on distingue deux rats : l’un a mangé et l’autre a faim. Le rat affamé sera plus actif dans la boite et découvrira plus vite comment accéder à la nourriture. Dans l’autre cage, le rat qui a déjà mangé ne fait rien.

2. On passe alors  à la deuxième partie de l’expérience. On envoie des décharges électriques sur le rat, qui se met à faire des bonds partout et découvre qu’en appuyant sur le levier il arrête les chocs électrique (il y aurait beaucoup à dire sur le sadisme des expérimentateurs mais cela nous ferait dévier de notre sujet). Cette fois, le rat apprend beaucoup plus vite car il est motivé.

3. Nouvelle expérience: on apprend au petit rat à tourner une roue pour arrêter les chocs électriques (elle est assez semblable à la 2).

4. Même décor, mêmes acteurs: à présent, le rat doit mordre  un petit tuyau pour arrêter l’électricité. L’idée est de montrer que l’on peut apprendre une grande quantité de choses au rat dès qu’on parvient à le motiver.

5. Dernier cas, cette fois l’expérimentateur va induire une réponse sociale. Il apprend aux rats, enfermés dans la même cage, a se battre pour  faire cesser les chocs électriques. 

Conditionnement classique et conditionnement opérant

Le conditionnement est au centre des théories comportementales. Il existe deux types de conditionnement : le conditionnment classique et le conditionnement opérant.

1. Le conditionnement classique:

Le conditionnement classique (aussi appelé conditionnement répondant) a été introduit par I.Pavlov. Il provient de l’association entre des stimuli (c’est-à-dire des phénomènes issus de l’environnement qui vont stimuler l’organisme) et les réactions automatiques  de l’organisme (ce point est important). Pour Pavlov, l’ensemble des comportements complexes pouvaient être réduits à des chaînes de comportements conditionnés.

Voici les différentes étapes du conditionnement:

  • Dans un premier temps, nous avons la situation suivante:

SN + SI –> RI

Le stimulus neutre (SN), qui ne déclenche aucune réponse ou une réponse neutre (RN), est associé au  stimulus inconditionnel (SI) -survenu au hasard, sans apprentissage -  qui déclenche une réponse inconditionnelle (RI) . Elle se manifeste de façon automatique sous forme d’émotion (par exemple, pleurer quand on nous tape sur le pied) ou de réflexe (saliver quand on voit un éclair au chocolat). Le stimulus neutre est également présent (par exemple un bruit de cloche dix secondes avant l’arrivée de l’éclair au chocolat) sans que le sujet ne fasse d’abord de lien entre le SN et le SI.

  • Après cette première séquence (qui nécessite parfois d’être répétée plusieurs fois), un conditionnement s’est mis en place et l’on peut établir le schéma suivant:

SC –> RC

 

Le stimulus conditionnel (SC) qui est à l’origine le stimulus neutre (SN), déclenche la même réponse que le stimulus inconditionnel (maintenant, quand j’entends un bruit de cloche, je salive car je pense à l’éclair au chocolat que j’associe, par habitude, au bruit de la cloche). On parle alors de réponse conditionnelle (RC) pour décrire cette réponse associée à un stimulus conditionnel.

Le célèbre "chien de Pavlov" a été l’un des premiers participant canin aux expériences sur le stimulus conditionnel. Pavlol, scientifique du début du XXe siècle, effectuait des recherches sur la salivation des chiens. Il remarqua qu’un chien qui revenait dans le laboratoire de recherches après plusieurs fois, se mettait à saliver avant même qu’on le nourrisse. Le chien salivait à voir simplement la pièce ou  le plat dans lequel on mettait la nourriture. Pavlov donna à ce phénomène le nom de réflexe conditionnel.

Par la suite, Pavlov présenta de la nourriture à un autre chien. Pour reprendre les termes précédents, le SI était la nourriture qui provoquait toujours la salivation du chien (RI). Mais cette fois, le chercheur commença à faire sonner une cloche (SN) chaque fois qu’il se préparait à lui servir son repas. Après peu de temps, il réalisa que le chien salivait (RC) dès qu’il entendait la cloche (SC) et ce, même s’il ne lui apportait pas la nourriture.

 Plus tard, Pavlov complexifia encore son expérience et son chien finit par ne plus être très opérationnel (mais c’est une autre histoire).

Pavlov et ses chiens

Pavlov et ses chiens

2. Le conditionnement opérant :

 Quelques dizaines d’années après, le concept de conditionnement fut modifié par Skinner qui inventa la notion de conditionnement opérant par opposition au conditionnement classique de type pavlovien, que nous venons de décrire. La différence tient dans ce que le conditionnement n’est plus lié chez Skinner à des réponses réflexes de l’organismes mais à l’influence de l’environnement, qui renforce positivement ou négativement le conditionnement. Par exemple, si un rat découvre, par hasard, qu’en actionnant un levier il obtient de la nourriture, il cherchera à actionner à nouveau le levier (et finira obèse mais je sens que je m’égare). Cette nouvelle description du conditionnement, plus subtile, constitue un modèle de description des apprentissages.

La boite de Skinner, dont une version légèrement modifiée est décrite dans la vidéo ci-dessous,  permet de mettre en évidence le conditionnement opérant. Je vous incite d’ailleurs fortement à la visionner car elle permet de bien comprendre la spécificité du conditionnement opérant. L’expérimentateur va apprendre au rat différentes tâches : D’abord (1) appuyer un levier pour avoir de la nourriture. Puis (2) pousser une manette et appuyer sur un levier. Enfin (3), mettre une bille dans un cercle, pousser la manette et appuyer sur le levier.

 

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Burrhus Frédéric Skinner, penseur du conditionnement opérant.

Burrhus Frédéric Skinner est considéré comme un des représentants les plus éminents du comportementalisme.

bf-skinner

Skinner est né en 1904 en Pennsylvanie.Fait surprenant, il commença par étudier la littérature avant de se tourner vers l’étude de la psychologie humaine. Il suivit des études à l’université d’Harvard et obtint son doctorat en 1931. En 1945, il devient le directeur du laboratoire de psychologie de l’université d’Indiana. Il meurt trente-cinq ans plus tard d’une leucémie. Ses ouvrages les plus célèbres sont  Walden Two, publié en 1948, et Par Delà la liberté et la dignité publié en 1971. Dans ce dernier ouvrage, Skinner cherche à décrire, à travers sa reflexion sur le conditionnement et l’apprentissage, le rôle de l’Etat dans les troubles de son époque et les réponses qu’il est possible d’y apporter (une biographie plus détaillée est disponible sur le site de l’encyclopédie de l’agora. A lire également, un très bon article de l’Unesco sur Skinner).

Skinner est notamment le père du concept de conditionnement opérant (voir article à ce sujet) ainsi que de la "boite de Skinner" permettant d’expérimenter le conditionnement (voir article à ce sujet).

Le document qui suit est un entretien avec Skinner dans lequel il expose sa vision de l’apprentissage, du conditionnement et des motivations des actions humaines (il parle notamment du jeu). Cette vidéo a été postée par la fondation Skinner sur le site de laquelle vous trouverez de nombreux documents en anglais.

 

 

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